Donald Trump vient réellement d’ordonner aux agences fédérales américaines d’appeler le lac Ontario « Lake America ».
Mais attention : il ne peut imposer ce nom ni au Canada ni au reste du monde. Il peut changer les mots sur les cartes de son gouvernement, pas déplacer la frontière ni effacer plus d’un siècle de coopération canado-américaine.
Alors, pourquoi ce grand spectacle?
Parce que rebaptiser un lac produit instantanément une cérémonie, une signature et des manchettes. C’est une victoire symbolique facile à mettre en scène, contrairement à une négociation commerciale dont les résultats demeurent incertains.
Le geste révèle aussi une méthode de gouvernance bien connue : provoquer, monopoliser l’attention, humilier l’adversaire et afficher une puissance supérieure à son autorité réelle. Pendant que tout le monde discute du nouveau nom, d’autres décisions beaucoup plus importantes risquent de passer dans l’ombre.
Il ne s’agit pas nécessairement de « folie » au sens médical. Derrière l’apparente absurdité se trouve une logique politique : faire croire que la parole du président suffit à transformer la réalité.
Aujourd’hui, cela concerne le nom d’un lac et peut sembler risible. Mais lorsque la même méthode s’applique aux frontières, aux élections, à la justice ou aux faits eux-mêmes, elle devient autrement plus inquiétante.
Le lac Ontario demeure partagé entre deux pays. Trump peut rebaptiser les documents de Washington; il ne peut rebaptiser la réalité.
Les mots changent sur une carte américaine. La frontière, elle, ne bouge pas.
Je ne sais pas si les citoyens américains apprécieraient qu'on rebaptisent les États-Unis par ¨Les Étrumps"?
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