Trump et Benny Hill : quand la politique emprunte les codes du spectacle



Il peut sembler étonnant, au premier regard, de rapprocher Donald Trump de Benny Hill. L’un a été président des États-Unis, l’autre fut une figure marquante de la comédie britannique. Pourtant, sur le plan de la mise en scène, du rythme et de la gestuelle, une certaine parenté apparaît.

Benny Hill avait bâti son humour sur l’exagération. Tout chez lui passait par le visage, le mouvement, la répétition et le burlesque. Ses personnages étaient souvent plus grands que nature, pris dans des situations qui frôlaient le chaos contrôlé. Le rire venait autant de ce qu’il disait que de la manière dont il occupait l’écran.

Donald Trump, dans un tout autre registre, utilise lui aussi les ressorts du spectacle. Ses apparitions publiques reposent beaucoup sur les gestes, les pauses, les formules frappantes, les surnoms donnés à ses adversaires et les réactions immédiates de la foule. Ses rassemblements politiques prennent parfois l’allure d’une performance où la frontière entre discours, improvisation et divertissement devient floue.

La ressemblance ne se situe donc pas dans les idées, ni dans le rôle social des deux hommes. Elle se trouve plutôt dans la façon d’exister devant un public. Tous deux comprennent l’importance de l’image, du rythme et de la réaction populaire. Chez Benny Hill, cette mécanique servait à faire rire. Chez Trump, elle sert à mobiliser, provoquer et dominer l’espace médiatique.

C’est là que la comparaison trouve aussi sa limite. Le burlesque de Benny Hill appartenait au monde de la comédie. Celui de Trump, lorsqu’il surgit dans l’arène politique, produit des effets bien réels. Ce qui amuse dans une émission de variétés peut devenir beaucoup plus lourd de conséquences lorsqu’il s’applique au pouvoir, aux institutions et au débat public.

On pourrait résumer la chose ainsi : Benny Hill incarnait un chaos comique assumé. Trump, lui, transforme parfois la politique en spectacle permanent. Et c’est peut-être précisément ce mélange de caricature, de provocation et de mise en scène qui explique pourquoi il fascine autant qu’il dérange.

Jean Charest a raison sur le « Reality Check » ».



 Les pro-Trump parle de lui comme d’un homme fort.

Mais parfois, la vraie force, ce n’est pas de parler plus fort que l’autre.C’est d’être capable de s’asseoir, d’écouter, de négocier et de reconnaître la réalité.

Jean Charest parlait récemment d’un nécessaire reality check du côté américain dans les relations commerciales avec le Canada.

Et il a raison sur un point essentiel : on ne peut pas bâtir une relation saine quand le ton devient insultant, méprisant ou fermé.

Quand un responsable américain dit du Canada : « Ils sont nuls », ce n’est pas une stratégie de négociation.C’est une attitude qui bloque la discussion.

Parce qu’au fond, les pays sont comme les personnes.Quand on se sent attaqué, on se referme.Quand on se sent humilié, on se défend.Quand on se sent respecté, on peut commencer à parler sérieusement.

C’est vrai entre voisins.C’est vrai dans une famille.C’est vrai dans un couple.C’est vrai entre deux pays.

Le Canada n’est pas un ennemi des États-Unis.C’est un partenaire économique, un allié, un voisin et un client important.

Les Américains ont besoin de nous.Nous avons besoin d’eux.Et le Mexique fait aussi partie de cette grande réalité nord-américaine.

Alors le vrai sujet n’est pas seulement de savoir qui gagne ou qui perd une négociation.

Le vrai sujet, c’est de savoir si on est encore capable de discuter sans écraser l’autre.

Trump a peut-être su canaliser la colère de millions de gens qui ne se sentaient plus entendus.Mais gouverner, ce n’est pas seulement canaliser la colère.C’est aussi transformer cette colère en solutions durables.

Et pour ça, il faut plus que des coups de gueule.Il faut du respect.Il faut des faits.Il faut de la patience.Il faut une compréhension réelle de l’interdépendance entre les peuples.

Un reality check, ce n’est pas une insulte.C’est un rappel à la réalité.

Et la réalité, c’est que personne ne construit un avenir solide en traitant ses partenaires comme des adversaires à humilier.

On peut défendre son pays fermement sans mépriser les autres.On peut négocier durement sans fermer la porte au dialogue.On peut vouloir protéger ses intérêts sans oublier que derrière chaque frontière, il y a des travailleurs, des familles, des entreprises et des vies humaines.

Dans un monde aussi tendu que le nôtre, la vraie grandeur n’est peut-être pas de gagner tous les affrontements.

C’est de retrouver la capacité de se parler intelligemment avant que les ponts soient brûlés.

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