Il peut sembler étonnant, au premier regard, de rapprocher Donald Trump de Benny Hill. L’un a été président des États-Unis, l’autre fut une figure marquante de la comédie britannique. Pourtant, sur le plan de la mise en scène, du rythme et de la gestuelle, une certaine parenté apparaît.
Benny Hill avait bâti son humour sur l’exagération. Tout chez lui passait par le visage, le mouvement, la répétition et le burlesque. Ses personnages étaient souvent plus grands que nature, pris dans des situations qui frôlaient le chaos contrôlé. Le rire venait autant de ce qu’il disait que de la manière dont il occupait l’écran.
Donald Trump, dans un tout autre registre, utilise lui aussi les ressorts du spectacle. Ses apparitions publiques reposent beaucoup sur les gestes, les pauses, les formules frappantes, les surnoms donnés à ses adversaires et les réactions immédiates de la foule. Ses rassemblements politiques prennent parfois l’allure d’une performance où la frontière entre discours, improvisation et divertissement devient floue.
La ressemblance ne se situe donc pas dans les idées, ni dans le rôle social des deux hommes. Elle se trouve plutôt dans la façon d’exister devant un public. Tous deux comprennent l’importance de l’image, du rythme et de la réaction populaire. Chez Benny Hill, cette mécanique servait à faire rire. Chez Trump, elle sert à mobiliser, provoquer et dominer l’espace médiatique.
C’est là que la comparaison trouve aussi sa limite. Le burlesque de Benny Hill appartenait au monde de la comédie. Celui de Trump, lorsqu’il surgit dans l’arène politique, produit des effets bien réels. Ce qui amuse dans une émission de variétés peut devenir beaucoup plus lourd de conséquences lorsqu’il s’applique au pouvoir, aux institutions et au débat public.
On pourrait résumer la chose ainsi : Benny Hill incarnait un chaos comique assumé. Trump, lui, transforme parfois la politique en spectacle permanent. Et c’est peut-être précisément ce mélange de caricature, de provocation et de mise en scène qui explique pourquoi il fascine autant qu’il dérange.
