Trump contre l’IRS : quand le président se poursuit lui-même pour mieux se payer

 



Texte basé sur l’article « Trump contre l’IRS : quand le président se poursuit lui-même pour mieux se payer — L’abandon qui coûte plus cher que la victoire », publié par Laliberté dans tous ses États, le 17 mai 2026. Éléments factuels recoupés avec des reportages récents de Reuters, AP et The Guardian.

Il y a des histoires politiques compliquées.

Et il y a celle-ci.

Donald Trump poursuit l’IRS, c’est-à-dire l’agence américaine de l’impôt. Jusque-là, on pourrait se dire : bon, un citoyen poursuit le fisc parce que ses informations personnelles ont été mal protégées.

Mais ici, il y a un détail énorme.

Donald Trump est président des États-Unis.

Autrement dit : il poursuit une agence qui fait partie de son propre gouvernement.

C’est un peu comme si le patron d’une entreprise poursuivait son propre service de comptabilité, puis demandait à l’entreprise de lui verser de l’argent… avec l’argent de la caisse commune.

Et c’est là que l’affaire devient beaucoup plus grave qu’une simple chicane judiciaire.

L’histoire remonte à la fuite des déclarations fiscales de Trump. Un ancien sous-traitant de l’IRS, Charles Littlejohn, qui travaillait via Booz Allen Hamilton, a transmis des données fiscales confidentielles à des médias. Il a ensuite été condamné à cinq ans de prison pour cette fuite. L’AP a aussi rapporté que le département du Trésor avait mis fin à des contrats avec Booz Allen Hamilton après cette affaire.

Les documents publiés à l’époque avaient révélé une chose politiquement explosive : Trump avait payé très peu, parfois même aucun impôt fédéral sur le revenu, durant plusieurs années. Dans certaines années, il aurait payé seulement 750 $.

Sur le plan du principe, personne ne peut souhaiter que les déclarations fiscales d’un citoyen soient volées ou publiées illégalement. Même quand ce citoyen est Donald Trump. La confidentialité fiscale existe pour tout le monde.

Mais la question ici n’est plus seulement : “Est-ce que Trump a été lésé?”

La vraie question devient : “Est-ce qu’un président peut utiliser son pouvoir pour transformer une poursuite contre son propre gouvernement en mécanisme de paiement politique?”

Selon Reuters, Trump a déposé une poursuite de 10 milliards de dollars contre l’IRS et le département du Trésor, en lien avec la divulgation de ses déclarations fiscales. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a affirmé devant le Sénat que tout paiement éventuel viendrait des fonds du Trésor, tout en disant que le dossier relevait du département de la Justice.

Voilà le nœud du problème.

Le président poursuit une agence de l’État.

Le département de la Justice doit défendre cette agence.

Mais ce même département de la Justice fait partie de l’exécutif dirigé par le président.

Donc, juridiquement, on se retrouve avec une scène étrange : Trump contre Trump.

Ou, plus exactement : Trump contre une administration qu’il contrôle.

Et maintenant, selon les informations rapportées dans les derniers jours, l’affaire pourrait prendre une tournure encore plus inquiétante. Plutôt que de simplement gagner ou perdre sa poursuite, Trump pourrait l’abandonner en échange de la création d’un fonds d’environ 1,7 milliard de dollars, payé par les contribuables américains. Ce fonds servirait à indemniser des personnes qui disent avoir été injustement ciblées par l’administration Biden, incluant potentiellement des alliés politiques de Trump et des personnes liées aux événements du 6 janvier 2021 au Capitole.

Dit simplement : Trump réclame 10 milliards. Puis il pourrait accepter de “laisser tomber” cette poursuite en échange d’un fonds public de 1,7 milliard, contrôlé selon des règles qui soulèvent de sérieuses questions.

C’est pour cela que l’abandon de la poursuite pourrait coûter plus cher que la victoire.

Parce qu’une victoire judiciaire normale aurait au moins été examinée par un tribunal.

Mais un règlement négocié à l’interne pourrait devenir une façon de contourner le débat public.

Et c’est exactement ce qui inquiète plusieurs élus et observateurs.

Le représentant démocrate Jamie Raskin a dénoncé ce qu’il décrit comme un fonds politique financé par les contribuables, parlant d’un précédent massif et dangereux. Son comité a publié une déclaration le 14 mai 2026 pour dénoncer ce projet de règlement et l’idée qu’un président puisse obtenir des fonds publics par l’entremise d’un dossier qu’il influence lui-même.

Ce qu’il faut retenir, ce n’est pas seulement que Trump poursuit l’IRS.

Ce qu’il faut retenir, c’est la mécanique.

Une fuite fiscale illégale a eu lieu.

Un homme a été condamné.

Trump poursuit ensuite l’État pour obtenir réparation.

Mais comme il est redevenu président, il se retrouve en position d’influencer l’appareil gouvernemental qui doit justement défendre l’État contre lui.

Et au lieu d’attendre qu’un tribunal tranche clairement, on parle maintenant d’un règlement qui pourrait faire circuler 1,7 milliard de dollars d’argent public vers des personnes choisies par un mécanisme politique.

C’est là que le citoyen ordinaire doit allumer.

Parce que dans une démocratie, l’argent public ne devrait jamais devenir une récompense distribuée par le pouvoir à ses proches, ses alliés ou ses partisans.

Un gouvernement peut indemniser des citoyens lésés. Oui.

Mais il doit le faire avec des règles claires, transparentes, vérifiables et indépendantes.

Pas avec une caisse spéciale née d’un conflit d’intérêts présidentiel.

L’affaire pose donc une question beaucoup plus grande que Trump lui-même :

Quand un dirigeant contrôle à la fois le gouvernement, les avocats du gouvernement et le mécanisme de règlement d’une poursuite contre ce même gouvernement, qui protège réellement les contribuables?

C’est le genre d’histoire qui paraît technique au départ.

IRS. Trésor. Poursuite. Règlement. Fonds d’indemnisation.

Mais en langage simple, c’est ceci :

Un président ne devrait pas pouvoir utiliser son propre gouvernement comme guichet automatique politique.

Et c’est précisément pour cette raison que cette affaire mérite d’être suivie de très près.

Parce qu’au fond, ce n’est pas seulement une affaire d’impôt.

C’est une affaire de pouvoir.

Et quand le pouvoir commence à se payer lui-même avec l’argent public, il ne faut pas attendre que le chèque soit encaissé pour poser des questions.

Quand l’électricité devient le nouveau pétrole.



D’après l’article « Le nouvel âge d’or de l’électricité », signé par Hélène Baril, publié dans La Presse le 18 mai 2026 à 8 h 00, il faut peut-être commencer à regarder l’électricité autrement.

Pendant plus d’un siècle, le nerf de la guerre économique, c’était le pétrole.

Les pays surveillaient les puits.
Les gouvernements protégeaient les pipelines.
Les grandes puissances se disputaient les routes maritimes.
Les marchés tremblaient chaque fois que le prix du baril montait.

Mais aujourd’hui, une nouvelle bataille est en train de s’installer.

Moins bruyante.
Moins visible.
Mais immense.

La bataille de l’électricité.

Car tout devient électrique.

Les voitures.
Les maisons.
Le chauffage.
Les usines.
Les entreprises.
Les serveurs informatiques.
Les centres de données.
L’intelligence artificielle.
Les objets connectés.
Et une partie de plus en plus grande de notre vie quotidienne.

Autrement dit, plus on veut sortir du pétrole, plus on devient dépendants d’une autre ressource essentielle : l’électricité.

Et c’est là que le vrai défi commence.

Parce que l’électricité ne sort pas du mur par magie.

Il faut la produire.
Il faut la transporter.
Il faut la distribuer.
Il faut construire des barrages, des lignes, des transformateurs, des postes électriques, des réseaux plus solides, des équipements spécialisés.

Il faut aussi des ingénieurs, des matériaux, du temps… et énormément d’argent.

Le Canada veut doubler la capacité de son réseau électrique d’ici 25 ans. Hydro-Québec, de son côté, prévoit des investissements d’environ 200 milliards de dollars pour augmenter sa production et adapter son réseau.

Ce n’est pas un petit chantier.

C’est une transformation historique.

Selon les données citées dans l’article, la demande mondiale d’électricité pourrait augmenter de 3,6 % par année d’ici 2030. Et les investissements mondiaux dans la production, le transport et la distribution d’électricité pourraient passer de 300 milliards US en 2020 à 577 milliards US.

C’est gigantesque.

Et quand une demande aussi forte apparaît partout en même temps, il y a toujours des gagnants.

Les grands fabricants d’équipements électriques comme Siemens, Hitachi, ABB et d’autres deviennent soudainement des acteurs stratégiques. Leurs carnets de commandes se remplissent. Certains équipements, comme les transformateurs, deviennent difficiles à obtenir rapidement. Les délais peuvent maintenant s’étirer sur plusieurs années.

En clair : tout le monde veut bâtir plus d’électricité en même temps, mais l’industrie ne fournit pas assez vite.

Et dans cette file d’attente, Hydro-Québec n’est plus seule.

Un nouveau joueur arrive avec des moyens énormes : les géants du numérique.

Les grandes entreprises technologiques ont besoin de quantités massives d’électricité pour alimenter leurs centres de données, surtout avec l’explosion de l’intelligence artificielle. Elles ont beaucoup d’argent. Elles veulent aller vite. Et elles peuvent parfois payer plus cher pour obtenir les équipements avant les autres.

Résultat : les sociétés publiques d’électricité se retrouvent en compétition avec les géants du web.

Et quand les équipements coûtent plus cher, quand les projets prennent du retard, quand les budgets explosent, il faut bien que quelqu’un absorbe la facture.

Très souvent, ce quelqu’un finit par être le citoyen.

Par les tarifs.
Par les taxes.
Par les programmes publics.
Par le prix des biens et services.
Par le coût général de la vie.

Mais attention : il ne faut pas seulement voir le problème.

Il y a aussi une grande occasion.

Si cette nouvelle électricité sert réellement à remplacer le charbon, le mazout et d’autres formes d’énergie polluantes, alors le virage électrique peut être une excellente nouvelle pour la planète.

Moins de pollution.
Moins de dépendance au pétrole.
Plus d’énergies renouvelables.
Des réseaux plus modernes.
Une économie plus propre.

Mais seulement si on le fait intelligemment.

Parce qu’électrifier le monde sans plan clair, ce n’est pas une transition. C’est une course folle.

Il faut donc poser les vraies questions :

Aura-t-on assez d’électricité?
Sera-t-elle propre?
Les réseaux seront-ils prêts?
Les coûts resteront-ils acceptables?
Les citoyens ordinaires pourront-ils suivre?
Et surtout : l’intérêt public passera-t-il avant les intérêts des géants privés?

Voilà le cœur du sujet.

Le monde entre dans une nouvelle ère énergétique. L’électricité devient le nouveau nerf de la guerre économique. Elle peut nous aider à sortir des énergies polluantes, mais elle peut aussi devenir une nouvelle source de pression sur le portefeuille des citoyens.

Pendant longtemps, on surveillait le prix du pétrole.

Demain, il faudra peut-être surveiller encore plus attentivement le prix de l’électricité.

Parce que dans le monde qui vient, ce ne sera plus seulement le baril qui fera bouger l’économie.

Quand Trump entend ¨voler¨ 2 milliards dans les poches des contribuables pour se constituer une armée pour le protéger!

Ce dernier geste de Donald Trump ressemble à une nouvelle insulte à l’intelligence du peuple américain. Non seulement il a négocié un accor...