Et si le plus grand risque pour nos finances n’était pas seulement une chute de la Bourse, mais l’illusion que les marchés montent toujours?
On entend souvent que le S&P 500, ce grand indice américain qui regroupe les plus importantes entreprises, rapporte environ 9 % ou 10 % par année sur le long terme. C’est vrai… quand on regarde l’histoire sur plusieurs décennies. Mais cette moyenne cache une réalité beaucoup moins confortable : certaines périodes ont été formidables, d’autres ont été très longues et pénibles.
Il y a eu des années où les investisseurs ont dû attendre plus d’une décennie avant de revoir leur argent. Après l’éclatement de la bulle technologique autour de l’an 2000, certains indices ont mis près de 15 ans à récupérer leur terrain perdu. Pendant ce temps, la vie, elle, ne s’arrête pas : une maladie, une perte d’emploi, un divorce, une guerre, une hausse des taux d’intérêt ou simplement la retraite peuvent obliger quelqu’un à retirer son argent au mauvais moment.
Voilà ce qu’on oublie souvent quand on présente l’investissement comme une recette automatique.
Les prochaines années pourraient aussi offrir des rendements moins généreux que ceux auxquels plusieurs se sont habitués récemment. Les grandes entreprises américaines demeurent puissantes, mais leurs actions sont déjà très chères selon plusieurs observateurs. Cela ne veut pas dire qu’un effondrement est assuré. Cela veut seulement dire qu’il serait prudent de ne pas bâtir tous nos projets sur l’idée que les rendements exceptionnels vont durer éternellement.
La leçon n’est pas de fuir la Bourse ni de garder son argent sous le matelas. La leçon est de planifier avec modestie. Un bon plan financier devrait survivre à des années ordinaires, à des marchés décevants et aux imprévus de la vie. Mieux vaut prévoir un rendement raisonnable, tenir compte des frais, conserver une marge de sécurité et être agréablement surpris plus tard que de rêver trop grand et devoir couper brutalement dans ses projets.
Cette semaine, les marchés auront aussi les yeux tournés vers l’emploi américain, l’état des usines et les discussions entre grandes banques centrales. Ces données peuvent faire bouger les marchés à court terme. Mais pour les épargnants, le plus important demeure souvent plus simple : diversifier, éviter les décisions prises sous le coup de la peur ou de l’euphorie, et préparer son avenir sans croire aux promesses faciles.
Après tout, investir demande de la discipline, mais aussi une bonne dose d’humilité devant ce que personne ne contrôle vraiment.
Et vous, dans votre propre plan financier, avez-vous prévu que les bonnes années ne durent pas toujours?
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