Quand le G7 flatte Trump dans le bon sens des plumes… peut-on vraiment transformer un vautour en colombe

Au sommet du G7 en France, les dirigeants marchent sur des œufs. D’un côté, ils veulent sauver ce qui peut encore l’être dans l’accord entre les États-Unis et l’Iran. De l’autre, ils doivent composer avec Donald Trump, un homme qui aime être applaudi, valorisé, courtisé… mais qui peut redevenir menaçant en quelques secondes.
Selon Philippe Teisceira-Lessard, La Presse, 17 juin 2026, Mark Carney estime que la guerre en Iran « en valait la peine », dans le sens où elle aurait mené à une ouverture diplomatique. Selon Radio-Canada, 17 juin 2026, Carney parle même d’un « tournant décisif » dans l’accord entre Washington et Téhéran. Autrement dit : on veut croire que la pression militaire a forcé une porte vers la paix.
Mais voilà le problème : à peine deux jours avant la signature prévue du protocole d’entente, Trump menace encore l’Iran. Selon Le Monde, 17 juin 2026, en direct par Louise Vallée et Allison Nella Ferrera, il a averti qu’il pourrait bombarder à nouveau si Téhéran « ne se comporte pas bien ». Le même homme qui parle d’accord garde donc une main sur le stylo… et l’autre sur la menace.
C’est là que l’image du vautour et de la colombe devient parlante. Au-dessus de l’espace aérien du G7, Trump peut temporairement prendre des airs de colombe. Les dirigeants le complimentent, l’encadrent, lui donnent un rôle historique, lui font sentir qu’il est indispensable à la paix. Ils savent que son ego est une porte d’entrée diplomatique. Alors ils l’utilisent.
Mais peut-on vraiment changer un vautour en colombe simplement en lui flattant les plumes?
C’est permis d’en douter.
Parce qu’une vraie colombe ne menace pas de recommencer à bombarder pendant qu’on prépare une signature de paix. Une vraie colombe ne transforme pas chaque négociation en spectacle de domination. Une vraie colombe cherche à rassurer les peuples, pas à rappeler qu’elle peut frapper encore plus fort.
Le message à retenir est simple : le G7 essaie peut-être de canaliser Trump, pas de le transformer. Il ne s’agit pas de le rendre pacifique par magie, mais de l’enfermer momentanément dans un rôle où la paix lui rapporte plus d’attention que la guerre.
Et c’est peut-être ça, la vraie stratégie de Carney et des autres dirigeants : faire croire au vautour qu’il sera plus grand en jouant à la colombe.
Reste maintenant à voir si, une fois sorti de l’espace aérien du G7, il gardera ses ailes blanches… ou s’il reprendra son vol de prédateur.

La Fed change de patron, mais pas de combat : l’inflation reste l’ennemi numéro un


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Selon Myriam Lemetayer de l’Agence France-Presse, dans un article publié le 17 juin 2026 et mis à jour le même jour, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, vient d’envoyer un message très clair aux marchés financiers, à la Maison-Blanche et aux citoyens américains : la Fed ne baissera pas les bras devant l’inflation.
Même s’il a été nommé par Donald Trump, qui souhaite fortement des taux d’intérêt plus bas, Kevin Warsh a choisi de rappeler que la mission première de la banque centrale demeure la stabilité des prix. Autrement dit : tant que l’inflation restera trop élevée, la Fed ne pourra pas simplement faire plaisir au pouvoir politique.
Le message est important, parce que l’inflation américaine est maintenant au plus haut depuis trois ans. Elle dépasse encore largement la cible de 2 % que la Fed vise depuis longtemps. Et pour Warsh, cette hausse persistante des prix pèse directement sur les familles américaines. Quand l’épicerie, l’essence, les loyers et les emprunts coûtent plus cher, ce sont les ménages qui absorbent le choc.
La décision du jour n’était pas une surprise : les taux restent inchangés entre 3,50 % et 3,75 %, pour une quatrième fois de suite. Mais ce qui a retenu l’attention, c’est le ton. La Fed ne parle plus vraiment de baisse de taux. Au contraire, plusieurs responsables envisagent maintenant une possible hausse d’ici la fin de l’année, avec des taux qui pourraient monter entre 3,75 % et 4 %.
Pourquoi ce virage? Parce que l’inflation a bondi, notamment à cause du choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient. On espère que la réouverture du détroit d’Ormuz, dans le cadre d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran, aidera à calmer les prix de l’énergie. Mais pour l’instant, la Fed prévoit une inflation de 3,6 % à la fin de 2026, contre 2,7 % dans ses prévisions de mars.
Kevin Warsh veut aussi ouvrir un « nouveau chapitre » à la Fed. Il lance cinq groupes de travail pour revoir la communication de l’institution, la taille de ses actifs financiers et certaines façons de fonctionner. Son style semble déjà différent de celui de Jerome Powell : moins de paroles, moins de prévisions personnelles, plus de prudence.
Ce qu’il faut retenir, c’est ceci : malgré la pression politique, la Fed veut montrer qu’elle demeure indépendante. Et si l’inflation ne recule pas, les taux pourraient rester élevés plus longtemps — ou même monter encore.
En clair : la bataille contre l’inflation n’est pas terminée. Et la Fed vient de rappeler qu’elle ne veut pas être le bras financier de la Maison-Blanche, mais le gardien du pouvoir d’achat.

Accord Iran–États-Unis : quand même les républicains commencent à douter de Trump


Selon un article de Frankie Taggart, Agence France-Presse, publié à 12 h 58, un rare malaise secoue le camp républicain américain après le protocole d’accord conclu entre Donald Trump et l’Iran.
L’idée de départ semblait simple : mettre fin à plusieurs mois de conflit, rouvrir le détroit d’Ormuz et calmer les prix de l’énergie. Sur papier, cela peut ressembler à une victoire diplomatique. Mais dans les faits, plusieurs élus républicains y voient plutôt une concession dangereuse faite à Téhéran.
Pourquoi? Parce que l’accord pourrait mener à un allègement des sanctions contre l’Iran et à un immense fonds de reconstruction évalué à environ 300 milliards de dollars. Or, selon les critiques, les États-Unis n’auraient obtenu aucun engagement clair et ferme sur des enjeux majeurs : l’enrichissement d’uranium, les missiles balistiques et le soutien de l’Iran à des groupes armés dans la région.
Le sénateur républicain Bill Cassidy a même parlé du « pire raté en matière de politique étrangère depuis des décennies ». Son reproche est brutal : avant la guerre, le détroit était déjà ouvert, l’Iran subissait des sanctions, et des soldats américains étaient encore en vie. Après le conflit, les sanctions pourraient être levées, l’Iran pourrait recevoir de l’argent, et les États-Unis se retrouveraient avec un résultat très loin de la victoire promise.
Ted Cruz, lui aussi républicain, craint que cet argent permette à l’Iran de se reconstruire et de redevenir une menace. John Cornyn redoute que l’accord ne soit qu’une pause temporaire, laissant à Téhéran le temps de reprendre des forces.
Donald Trump, de son côté, rejette vivement les critiques. Il affirme que l’accord est seulement un cadre temporaire et que les États-Unis gardent la possibilité de reprendre une ligne dure si les négociations échouent.
Ce qu’il faut retenir, c’est ceci : Trump voulait présenter cet accord comme une victoire. Mais une partie de son propre camp y voit plutôt un recul stratégique, presque une répétition des reproches faits autrefois à Barack Obama lors de l’accord nucléaire de 2015.
La grande question devient donc : est-ce un vrai chemin vers la stabilité ou seulement une pause de 60 jours avant une nouvelle crise?
Quand une entente divise autant ceux qui devraient normalement l’applaudir, ce n’est pas seulement un accord diplomatique. C’est un test de crédibilité politique.

Accord Iran–États-Unis : une paix imparfaite vaut mieux qu’une guerre sans fin



L’accord entre les États-Unis et l’Iran est loin d’être parfait. Il est fragile, incomplet et critiqué de tous côtés. Les discussions sur le nucléaire doivent encore se poursuivre pendant 60 jours, les violences au Liban ne sont pas totalement arrêtées et plusieurs clauses restent floues.
Mais il faut regarder la réalité avec calme : entre un document signé et l’absence totale de dialogue, un document signé reste une porte entrouverte vers la paix.
Les détracteurs de l’entente y voient une capitulation américaine. John Bolton estime que Donald Trump aurait fait trop de concessions afin de rouvrir rapidement le détroit d’Ormuz et de faire baisser les prix du pétrole. Tom Nichols, dans The Atlantic, soutient que l’Iran aurait obtenu beaucoup sans que Washington atteigne clairement ses objectifs. Dans Le Devoir, Romain Gagnon juge également que les garanties sur le nucléaire sont insuffisantes.
Ces critiques ne doivent pas être balayées du revers de la main. Le véritable test sera ce qui arrivera après la signature : respect du cessez-le-feu, surveillance internationale du nucléaire, circulation libre dans le détroit d’Ormuz, retrait progressif des forces armées et sécurité réelle pour les civils.
Mais il existe aussi des raisons d’espérer.
Selon l’AFP, le protocole prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée du blocus américain des ports iraniens, un mécanisme de traitement de l’uranium enrichi sous supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ainsi qu’une possible aide économique massive pour reconstruire l’Iran. Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi à la baisse. Ce n’est pas la paix complète, mais c’est une baisse de tension concrète.
Même Benjamin Netanyahou aurait confié à des responsables américains que l’accord pourrait être un « coup de maître » si l’Iran respecte pleinement ses engagements. Voilà un détail important : derrière les discours publics très durs, certains comprennent qu’un compromis vérifiable peut servir la sécurité de tous.
Donald Trump, lui, répond aux critiques en mettant de l’avant la Bourse et la baisse du pétrole. Il a tort de traiter ses opposants de « jaloux » ou de « stupides » : une paix sérieuse mérite mieux que des insultes. Mais il n’a pas tort sur un point : éviter une guerre plus large est déjà un résultat à protéger.
La paix ne naît pas d’une signature magique. Elle se construit lentement, avec de la bonne volonté, des contrôles sérieux et des dirigeants capables d’empêcher les extrémistes et les fauteurs de guerre, de tous les camps, de reprendre le dessus.
Cet accord n’est peut-être pas encore la paix. Mais il pourrait devenir son premier pas.
Sources : Romain Gagnon, Le Devoir, 18 juin 2026; Agence France-Presse/Radio-Canada, 18 juin 2026; France 2/franceinfo, 19 juin 2026; Samuel Dufay, Le Point, 19 juin 2026; Tao Chardel, BFM, 18 juin 2026; i24NEWS, 18 juin 2026; Agence France-Presse, 18 juin 2026.

Christian Dubé : un legs réel, mais un réseau encore loin d’être guéri


Après avoir quitté la politique, Christian Dubé a ressenti ce que vivent bien des gens après une grande transition : le silence, le vide, le besoin de comprendre ce qui vient de se terminer. Mais son bilan comme ministre de la Santé ne se résume pas à son départ difficile avec les médecins.

Pendant la pandémie, il a dû prendre des décisions dans un contexte où personne ne détenait de recette parfaite. Par la suite, il a voulu transformer le réseau plutôt que simplement en gérer les urgences. Son grand projet : créer Santé Québec, afin que le ministère fixe les orientations et qu’un organisme distinct s’occupe davantage des opérations sur le terrain.
Parmi ses réalisations les plus souvent reconnues, on retrouve le GAP, le Guichet d’accès à la première ligne. Ce n’est pas un médecin de famille pour tous, mais c’est un outil qui a permis à beaucoup de Québécois d’obtenir un rendez-vous alors qu’ils n’avaient aucune porte où frapper. La fin des agences privées d’infirmières est aussi considérée par plusieurs comme une mesure courageuse, malgré les difficultés vécues dans certaines régions. Selon Dubé, elle aurait déjà permis des économies importantes.
Mais son passage laisse aussi des questions lourdes.
La grande bataille avec les médecins a abîmé son image. Même des observateurs favorables à l’idée de mieux lier la rémunération médicale à l’accès et aux résultats estiment que son ton et sa façon de faire ont nui au dialogue. Le vrai enjeu demeure pourtant entier : comment payer équitablement les médecins tout en s’assurant que les patients soient vus plus facilement, à la clinique, à domicile ou en soins palliatifs?
Santé Québec suscite également des attentes et des craintes. Certains y voient une chance de réduire la bureaucratie et de mieux gérer le réseau. D’autres craignent une organisation trop administrative, trop centrée sur les chiffres, l’informatique et les finances, sans assez de vision clinique, de prévention et d’écoute du terrain.
Au fond, la mesure la plus simple du succès sera celle-ci : y aura-t-il moins de Québécois obligés d’aller à l’urgence parce qu’ils n’ont trouvé aucun autre soin?
Christian Dubé laisse donc un réseau en transformation, pas un réseau réparé. Son legs n’est ni un échec total ni une victoire achevée : c’est un chantier immense que ses successeurs devront poursuivre avec plus de dialogue, de courage et surtout, avec les patients comme véritable point de départ.
Sources : Louise Leduc, « Le besoin de boucler la boucle » et « Le legs de Christian Dubé, par trois acteurs de la santé », La Presse, publiés le 20 juin 2026.

Trump, l’homme fort… incapable d’imposer la paix?




Donald Trump aime se présenter comme un président plus puissant que tous ceux qui l’ont précédé. Pourtant, les événements des dernières heures au Moyen-Orient racontent une histoire beaucoup moins glorieuse : un accord signé avec l’Iran est déjà menacé parce qu’Israël et le Hezbollah continuent de s’affronter au Liban.
Le 20 juin 2026, l’Iran a annoncé vouloir fermer de nouveau le détroit d’Ormuz au trafic maritime. Ce passage est crucial : une part immense du pétrole et du gaz mondiaux y transite. La décision iranienne est présentée comme une réponse aux frappes israéliennes au Liban, malgré un cessez-le-feu annoncé et malgré le protocole négocié avec Washington.
C’est là que le discours triomphal de Trump frappe un mur : négocier une entente est une chose; faire respecter cette entente par tous les acteurs en est une autre.
Israël affirme répondre à des attaques du Hezbollah contre ses soldats. Le Hezbollah, lui, accuse Israël de poursuivre la guerre sous couvert de cessez-le-feu. Pendant que chacun rejette la faute sur l’autre, les civils libanais vivent dans la peur, prêts à repartir avec leurs sacs à tout moment. Des bombardements ont encore frappé le sud du Liban samedi.
Le problème n’est donc pas seulement l’Iran, ni seulement Israël, ni seulement le Hezbollah. Le problème est qu’une paix imposée par des déclarations, des menaces ou des coups d’éclat reste fragile lorsqu’aucun des belligérants ne croit vraiment avoir intérêt à s’arrêter.
Jacques Lanctôt, dans sa chronique « Danger à la Maison-Blanche », publiée le 20 juin 2026, attaque frontalement le style de Donald Trump, qu’il décrit comme incendiaire et imprévisible. C’est une opinion très dure, mais elle soulève une question légitime : peut-on diriger une crise mondiale avec des bravades, des insultes et des menaces, lorsque chaque mot peut faire monter la tension?
Trump peut bien se dire le plus grand négociateur du monde. Mais s’il ne parvient pas à convaincre son allié israélien de respecter une trêve, son accord avec l’Iran risque de devenir une simple pause entre deux explosions.
La leçon est claire : la vraie puissance ne consiste pas à parler plus fort que tout le monde. Elle consiste à empêcher les armes de reprendre la parole.

  Et ben voilà, c’est reparti…! On croit souvent qu’un cessez-le-feu marque la fin d’une crise. En réalité, il ne représente parfois qu’une...