Le vrai test de la paix commence après le cessez-le-feu



On croit souvent que le plus difficile est d'arrêter une guerre. En réalité, le plus compliqué commence souvent le lendemain. Car faire taire les armes est une chose; convaincre ceux qui les portent de les déposer en est une autre.

C'est exactement le défi qui se dessine aujourd'hui au Liban.

Après l'accord conclu entre Washington et Téhéran, présenté comme une première étape vers une paix plus durable au Moyen-Orient, Israël et le Liban ont signé un accord-cadre visant à rétablir une certaine stabilité à leur frontière commune. Pendant ce temps, le détroit d'Ormuz, passage essentiel au commerce mondial, recommence graduellement à fonctionner malgré quelques incidents militaires qui rappellent que tout demeure fragile.

Mais c'est au Liban que se joue maintenant l'une des parties les plus délicates.

Israël affirme qu'il maintiendra une présence militaire dans certaines zones tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé. Le gouvernement libanais accueille favorablement l'accord et parle d'un premier pas vers le rétablissement complet de sa souveraineté.

Le Hezbollah, lui, refuse catégoriquement cette perspective. L'un de ses dirigeants va jusqu'à affirmer que tenter de le désarmer pourrait conduire à une guerre civile si cela était imposé avec l'appui des États-Unis.

Autrement dit, tout le monde dit vouloir la paix... mais personne ne s'entend encore sur la manière d'y parvenir.

En parallèle, les tensions restent vives dans le Golfe. Après une attaque contre un navire commercial dans le détroit d'Ormuz, les États-Unis ont mené des frappes ciblées contre des installations iraniennes. L'Iran a répliqué contre des positions américaines avant que les deux camps réaffirment vouloir respecter le protocole de cessez-le-feu et poursuivre les négociations pendant une période de 60 jours.

Le message important à retenir est donc le suivant :

Le Moyen-Orient n'est plus exactement dans une logique de guerre totale, mais il n'est pas encore véritablement en paix. Il est entré dans une période où chaque incident, chaque déclaration et chaque geste politique peut soit consolider les progrès réalisés... soit tout faire basculer de nouveau.

L'accord actuel ressemble davantage à un pont en construction qu'à une route déjà ouverte. Les fondations existent désormais, mais elles devront supporter le poids de décennies de méfiance, de rivalités régionales et d'intérêts parfois incompatibles.

C'est pourquoi les prochaines semaines seront probablement aussi importantes que les combats eux-mêmes. Elles permettront de savoir si les dirigeants réussiront enfin à remplacer la logique des missiles par celle des négociations.

Source d'origine : Agence France-Presse (AFP), « Les États-Unis ont annoncé des frappes contre l'Iran, qui dit avoir répliqué », publié le 26 juin 2026.

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