Le regard que l’on pose sur les nôtres
Nous croyons souvent connaître ceux qui nous sont proches.
Un conjoint.
Un enfant.
Un parent.
Un ami de longue date.
Parce qu’on les voit tous les jours, on pense les voir clairement. Pourtant, avec le temps, notre regard peut devenir comme un instrument légèrement désaccordé. On entend encore la musique, mais on ne perçoit plus toutes ses nuances.
On remarque plus vite les défauts que les efforts.
Les irritants que les silences.
Les habitudes que les blessures.
Les manques que les gestes d’amour discrets.
Cette image nous rappelle quelque chose d’essentiel : la vraie richesse de la vie réside peut-être dans cette capacité à ralentir pour regarder autrement ceux qui marchent près de nous.
Aimer davantage, ce n’est pas tout excuser.
Juger un peu moins, ce n’est pas fermer les yeux.
C’est simplement se demander, avant de condamner trop vite :
Est-ce que mon regard est juste?
Est-ce que je vois vraiment cette personne… ou seulement ce que j’ai pris l’habitude de voir?
Comme des danseurs, les liens humains demandent de l’écoute, du rythme, des ajustements. On ne peut pas toujours danser juste si l’on n’écoute plus la musique de l’autre.
Alors peut-être que l’art de vivre commence là : réaccorder notre regard sur ceux qu’on aime, avant que la vie fragile ne nous rappelle trop tard leur véritable valeur.

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