L’accord entre les États-Unis et l’Iran est loin d’être parfait. Il est fragile, incomplet et critiqué de tous côtés. Les discussions sur le nucléaire doivent encore se poursuivre pendant 60 jours, les violences au Liban ne sont pas totalement arrêtées et plusieurs clauses restent floues.
Mais il faut regarder la réalité avec calme : entre un document signé et l’absence totale de dialogue, un document signé reste une porte entrouverte vers la paix.
Les détracteurs de l’entente y voient une capitulation américaine. John Bolton estime que Donald Trump aurait fait trop de concessions afin de rouvrir rapidement le détroit d’Ormuz et de faire baisser les prix du pétrole. Tom Nichols, dans The Atlantic, soutient que l’Iran aurait obtenu beaucoup sans que Washington atteigne clairement ses objectifs. Dans Le Devoir, Romain Gagnon juge également que les garanties sur le nucléaire sont insuffisantes.
Ces critiques ne doivent pas être balayées du revers de la main. Le véritable test sera ce qui arrivera après la signature : respect du cessez-le-feu, surveillance internationale du nucléaire, circulation libre dans le détroit d’Ormuz, retrait progressif des forces armées et sécurité réelle pour les civils.
Mais il existe aussi des raisons d’espérer.
Selon l’AFP, le protocole prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée du blocus américain des ports iraniens, un mécanisme de traitement de l’uranium enrichi sous supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ainsi qu’une possible aide économique massive pour reconstruire l’Iran. Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi à la baisse. Ce n’est pas la paix complète, mais c’est une baisse de tension concrète.
Même Benjamin Netanyahou aurait confié à des responsables américains que l’accord pourrait être un « coup de maître » si l’Iran respecte pleinement ses engagements. Voilà un détail important : derrière les discours publics très durs, certains comprennent qu’un compromis vérifiable peut servir la sécurité de tous.
Donald Trump, lui, répond aux critiques en mettant de l’avant la Bourse et la baisse du pétrole. Il a tort de traiter ses opposants de « jaloux » ou de « stupides » : une paix sérieuse mérite mieux que des insultes. Mais il n’a pas tort sur un point : éviter une guerre plus large est déjà un résultat à protéger.
La paix ne naît pas d’une signature magique. Elle se construit lentement, avec de la bonne volonté, des contrôles sérieux et des dirigeants capables d’empêcher les extrémistes et les fauteurs de guerre, de tous les camps, de reprendre le dessus.
Cet accord n’est peut-être pas encore la paix. Mais il pourrait devenir son premier pas.
Sources : Romain Gagnon, Le Devoir, 18 juin 2026; Agence France-Presse/Radio-Canada, 18 juin 2026; France 2/franceinfo, 19 juin 2026; Samuel Dufay, Le Point, 19 juin 2026; Tao Chardel, BFM, 18 juin 2026; i24NEWS, 18 juin 2026; Agence France-Presse, 18 juin 2026.
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