Donald Trump aime se présenter comme un président plus puissant que tous ceux qui l’ont précédé. Pourtant, les événements des dernières heures au Moyen-Orient racontent une histoire beaucoup moins glorieuse : un accord signé avec l’Iran est déjà menacé parce qu’Israël et le Hezbollah continuent de s’affronter au Liban.
Le 20 juin 2026, l’Iran a annoncé vouloir fermer de nouveau le détroit d’Ormuz au trafic maritime. Ce passage est crucial : une part immense du pétrole et du gaz mondiaux y transite. La décision iranienne est présentée comme une réponse aux frappes israéliennes au Liban, malgré un cessez-le-feu annoncé et malgré le protocole négocié avec Washington.
C’est là que le discours triomphal de Trump frappe un mur : négocier une entente est une chose; faire respecter cette entente par tous les acteurs en est une autre.
Israël affirme répondre à des attaques du Hezbollah contre ses soldats. Le Hezbollah, lui, accuse Israël de poursuivre la guerre sous couvert de cessez-le-feu. Pendant que chacun rejette la faute sur l’autre, les civils libanais vivent dans la peur, prêts à repartir avec leurs sacs à tout moment. Des bombardements ont encore frappé le sud du Liban samedi.
Le problème n’est donc pas seulement l’Iran, ni seulement Israël, ni seulement le Hezbollah. Le problème est qu’une paix imposée par des déclarations, des menaces ou des coups d’éclat reste fragile lorsqu’aucun des belligérants ne croit vraiment avoir intérêt à s’arrêter.
Jacques Lanctôt, dans sa chronique « Danger à la Maison-Blanche », publiée le 20 juin 2026, attaque frontalement le style de Donald Trump, qu’il décrit comme incendiaire et imprévisible. C’est une opinion très dure, mais elle soulève une question légitime : peut-on diriger une crise mondiale avec des bravades, des insultes et des menaces, lorsque chaque mot peut faire monter la tension?
Trump peut bien se dire le plus grand négociateur du monde. Mais s’il ne parvient pas à convaincre son allié israélien de respecter une trêve, son accord avec l’Iran risque de devenir une simple pause entre deux explosions.
La leçon est claire : la vraie puissance ne consiste pas à parler plus fort que tout le monde. Elle consiste à empêcher les armes de reprendre la parole.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire