Qui gagne dans ce nouveau monde ?

 



Blogue JP & GP — Dimanche 5 janvier 2025

Il y a des moments où l’actualité cesse d’être une suite d’événements pour devenir un révélateur.
Ce que nous venons de vivre avec le Venezuela n’est pas seulement la chute brutale d’un régime autoritaire. C’est un moment de bascule.

La question qui s’impose n’est donc pas :

« Qui avait raison ou tort ? »

Mais bien :

« Qui gagne dans ce nouveau monde qui se met en place sous nos yeux ? »


 

La fin d’un monde… sans déclaration officielle

Pendant des décennies, nous avons vécu dans l’illusion rassurante d’un ordre mondial fondé sur des règles :

  • souveraineté des États,

  • droit international,

  • institutions multilatérales censées arbitrer les conflits.

Cet ordre n’était ni parfait ni équitable, mais il offrait un cadre, une fiction collective partagée.

Aujourd’hui, cette fiction s’effondre non pas par une Grande Guerre mondiale, mais par une suite d’actions unilatérales assumées. Quand un chef d’État peut être capturé par un autre pays sans opposition effective, ce n’est pas seulement un homme qui tombe, c’est l’arbitre qui quitte le terrain.

L’ONU dénudée, le pouvoir exposé

L’Organisation des Nations Unies n’a pas été détruite.
Elle a été déculottée.

Elle condamne.
Elle s’inquiète.
Elle appelle au dialogue.

Mais elle ne bloque plus. Elle ne contraint plus.

Ce constat ouvre la voie à une nouvelle logique :

l’autodéterminalisme politique des puissants.

Désormais, ce n’est plus le droit qui autorise l’action,
c’est la capacité d’agir sans être empêché.

Un monde de blocs, pas de principes

Nous assistons à une consolidation du pouvoir exercé continentalement.

  • Les États-Unis structurent et verrouillent leur hémisphère.

  • La Russie cherche à imposer sa zone d’influence européenne.

  • La Chine façonne l’Asie selon ses priorités.

  • L’Afrique, encore fragmentée, devient un enjeu central de demain.

  • L’Inde tente de préserver une autonomie dans cet étau géopolitique.

Le monde ne se pense plus en termes universels, mais en zones, en ressources, en accès stratégiques.

Alors… qui gagne ?

Les grandes puissances

Elles gagnent en liberté d’action.
Elles décident, puis expliquent.
Elles testent les limites… et constatent qu’il y en a peu.

Les industries stratégiques

Énergie, armement, technologies critiques, ressources naturelles.
Dans ce nouveau monde, l’économie et la géopolitique ne font plus qu’un.

Les récits simples

Les discours de force, de protection, de contrôle rassurent des populations fatiguées par l’instabilité. La complexité recule. Le message clair gagne.

Et qui perd ?

Le droit international

Non pas parce qu’il est faux, mais parce qu’il n’est plus contraignant.

Les petits et moyens États

Leur souveraineté devient conditionnelle : tolérée tant qu’elle ne contredit pas les intérêts du bloc dominant.

Les citoyens ordinaires

Ce sont eux qui paient :

  • l’instabilité,

  • les sanctions,

  • les conflits prolongés,

  • l’augmentation des coûts énergétiques et alimentaires.

Et le Canada dans tout ça ?

Le Canada n’est pas un spectateur.
Il est dans la zone.

Notre souveraineté ne disparaît pas, mais elle se négocie désormais à l’intérieur d’une sphère de puissance. Le droit ne suffit plus à nous protéger. Ce qui nous protège, ce sont :

  • notre valeur stratégique,

  • notre crédibilité,

  • notre capacité à penser puissance sans renier nos valeurs.

La question que nous devons nous poser

Le vrai enjeu n’est pas de savoir si ce monde est souhaitable.
Il est déjà là.

La seule question honnête est donc :

Comment rester libres, lucides et dignes dans un monde où la force a repris le dessus sur les règles ?

En guise de conclusion

Personne ne s’ennuiera de Nicolás Maduro.
Mais beaucoup devraient s’inquiéter de la méthode qui l’a fait tomber.

Car aujourd’hui, ce ne sont pas les dictateurs qui gagnent.
Ce sont ceux qui peuvent décider seuls.



 Ce texte présente un bilan de la conjoncture économique mondiale à l'aube de l'année 2026, selon trois experts interrogés par le journal Le Devoir. L'analyse souligne la fin d'une certaine forme de mondialisation ouverte au profit d'une montée du protectionnisme américain sous la présidence de Donald Trump. Pendant que la Chine renforce son influence internationale en s'adaptant aux barrières tarifaires, l'Europe et les États-Unis font face à des risques de fragilité institutionnelle et financière. Le Canada doit quant à lui naviguer dans ce climat d'incertitude en tentant de préserver ses relations commerciales tout en diversifiant ses partenariats. L'ensemble des sources brosse ainsi le portrait d'un ordre mondial en pleine mutation, marqué par des rivalités stratégiques accrue.

Voici la retranscription de l'audio. Il s'agit d'une discussion (de type balado/podcast généré par IA "Deep Dive") analysant un dossier du journal Le Devoir concernant les perspectives économiques pour 2025-2026.

Animateur : Bonjour et bienvenue à tous. On est au tout début de janvier 2025 et c'est... c'est vraiment le moment parfait pour s'arrêter un peu et regarder le grand portrait de l'économie mondiale.

Animatrice : Oui, c'est le temps des bilans et des projections.

Animateur : Exactement. Et pour nous guider, on a un dossier vraiment fascinant du journal Le Devoir. Ils ont réuni trois experts pour, justement, voir ce que 2025 nous a appris et surtout, ce qui nous attend.

Animatrice : Hmm. On parle de Yann Simon de l'Université Laval, Christian Deblock de l'UQAM et Patrick Leblond de l'Université d'Ottawa.

Animateur : C'est ça. Et ce qui est intéressant, c'est qu'ils n'ont pas tous la même lecture des événements. Ça nous donne une vision beaucoup plus complète.

Animatrice : Une vision en 3D si on veut.

Animateur : Notre mission aujourd'hui, c'est de plonger là-dedans. On va essayer de comprendre qui mène le jeu, qui perd du terrain et bien sûr, où se situe le Canada dans tout ça.

Animatrice : On parle de la fin de la mondialisation, de la montée de la Chine, des risques pour les États-Unis, l'Europe... Alors, commençons par la question qui brûle les lèvres, celle que l'article pose dès le départ : avec les politiques de Donald Trump, est-ce que c'est... est-ce qu'on assiste à la fin de la mondialisation ? C'est la grosse question. Et la réponse... ce qui est intéressant, c'est qu'elle est nuancée. Ce n'est pas un oui ou un non. Yann Simon, par exemple, il dit que non, ce n'est pas la fin de toute la mondialisation.

Animateur : OK.

Animatrice : C'est plutôt la fin d'une certaine mondialisation, celle qui était, disons, pilotée par les États-Unis depuis 75 ans. Il y a une formule assez... assez frappante je trouve.

Animateur : Ah oui ?

Animatrice : Il dit qu'en voulant se grandir, l'Amérique a plutôt accéléré sa "minorisation".

Animateur : Wow, c'est fort. Fait que l'idée c'est pas juste que les États-Unis perdent de l'influence ?

Animatrice : Non.

Animateur : C'est qu'ils se le sont infligé eux-mêmes. C'est... c'est une sorte d'auto-sabotage stratégique.

Animatrice : C'est une excellente image. Ils ont un peu scié la branche sur laquelle ils étaient assis. Et Patrick Leblond, lui, il ajoute que le retour de Trump, c'est, je cite : "le dernier clou dans le cercueil d'une tendance qui était déjà là".

Animateur : Déjà là. Comment ça ?

Animatrice : Ben, il nous rappelle que ce réflexe protectionniste, ça a commencé sous Obama. Ça s'est accentué avec Biden, surtout face à la Chine. Mais, et c'est là la nuance...

Animateur : Hmm.

Animatrice : Il dit que les chiffres là, les données sur le commerce mondial, ça ne montre pas un arrêt complet. Il parle plutôt d'une mondialisation qui commence à avoir des trous.

Animateur : Des trous. J'aime l'image. Ce n'est pas un mur qui s'effondre d'un coup.

Animatrice : Non, c'est ça. C'est plus comme un tissu qui se déchire par endroits.

Animateur : Et de nouveaux chemins secrets dans les déchirures. Ce n'est pas une fin, c'est une réorganisation.

Animatrice : Précisément. Les chaînes de valeur, elles ne disparaissent pas, tu sais. Elles se réorientent, elles contournent les obstacles. On produit plus forcément où c'est le moins cher, mais où c'est plus sûr ou plus proche.

Animateur : Une reconfiguration complète de la carte au fond. Et si la carte est redessinée, ça veut dire qu'il y a des gagnants et des perdants.

Animatrice : Inévitablement.

Animateur : Si les États-Unis créent des vides, qui s'empresse de les combler ? Le nom qui vient tout de suite en tête évidemment, c'est la Chine.

Animatrice : Oui, sans aucun doute. Et le langage utilisé par les experts pour en parler là, c'est très, très révélateur. Christian Deblock, lui, il ne passe pas par quatre chemins.

Animateur : OK.

Animatrice : Il dit que la Chine, ce n'est plus un partenaire, ni même juste un concurrent. Le mot qu'il emploie c'est "prédateur".

Animateur : Prédateur. C'est... c'est un mot qu'on n'entend pas souvent en économie.

Animatrice : Ça en dit long sur le changement de perception.

Animateur : Un prédateur, ça implique une stratégie de domination, pas juste de la compétition. C'est une vision beaucoup plus sombre.

Animatrice : Absolument. Et pour Deblock, c'est clair net : la Chine est la grande gagnante de 2025. Et elle se rend encore en 2026. Il la décrit comme une puissance qui... qui rit dans sa barbe en regardant le désordre en Occident. Pendant qu'on se chicane sur les anciennes règles, la Chine en écrit de nouvelles.

Animateur : C'est exactement ça. Elle utilise son contrôle sur les matériaux critiques, le lithium, le cobalt, tout ça, comme un instrument de chantage. Waouh.

Animatrice : Et Yann Simon, lui, amène un angle un peu différent mais qui arrive pas mal à la même conclusion.

Animateur : D'accord.

Animatrice : Pour lui, la Chine, ce n'est peut-être pas la grande gagnante en termes absolus, mais c'est sans contredit la moins perdante.

Animateur : La moins perdante. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ?

Animatrice : Ben, il explique qu'elle avait la force économique et la volonté politique pour encaisser le choc des tarifs américains. Elle a aussi été super agile.

Animateur : Agile comment ?

Animatrice : Elle a déplacé une partie de sa production vers des pays voisins, comme le Vietnam ou la Malaisie, pour contourner les barrières. Tout ça en renforçant son emprise sur les ressources en Afrique.

Animateur : Donc ce n'est pas juste une réaction de défense. C'est une stratégie d'expansion sur plusieurs fronts en même temps. Elle subit pas, elle pivote.

Animatrice : Exact. Et elle le fait avec une intelligence redoutable sur le plan de l'image. C'est un point important de l'analyse : la Chine se positionne sur la scène internationale comme la gardienne de l'environnement, du droit international.

Animateur : Elle se donne le beau rôle.

Animatrice : Le beau rôle, oui ! Ce qui rend les mesures protectionnistes de l'Occident encore plus difficiles à justifier. Le résultat, c'est que l'Europe et l'Amérique du Nord ne se protègent plus d'un concurrent...

Animateur : Hmm.

Animatrice : ...mais d'une force qu'on perçoit comme dominante.

Animateur : Inévitable. C'est ça. C'est un portrait assez redoutable de l'efficacité chinoise. Mais ça nous ramène aux États-Unis. Comment est-ce qu'ils s'en sortent, eux, dans le désordre qu'ils ont contribué à créer ? L'économie américaine a surpris tout le monde par sa résilience en 2025.

Animatrice : Oui, contre toute attente.

Animateur : Mais pour 2026 là, c'est la question à un million.

Animatrice : Et c'est là que les avis divergent le plus. C'est un signe de grande incertitude. Patrick Leblond, lui, est plutôt dans le camp des prudents. Il pense que les effets négatifs des tarifs, on ne les a pas encore vraiment vus.

Animateur : Ils ont été retardés, mais pas annulés. C'est son idée. Il voit des signaux d'alarme de partout : le chômage qui remonte, une inflation qui reste tenace. Pour lui, l'économie tient surtout grâce à la bourse. Mais cet élan pourrait être très, très fragile. Un château de cartes pourcier [boursier] qui cache les fissures dans les fondations.

Animatrice : Un peu, oui. Mais Christian Deblock, lui, va beaucoup plus loin. Pour lui, le vrai danger, ce n'est pas une récession classique là, un simple ralentissement.

Animateur : Non ? C'est quoi alors ?

Animatrice : Il identifie deux risques qu'il qualifie d'explosifs. Le premier, c'est une folie spéculative à la bourse, surtout dans le secteur de l'intelligence artificielle.

Animateur : Attends une minute, on entend parler de bulle dans l'IA depuis un bon moment déjà. D'après Deblock, qu'est-ce qui rend la situation de 2026 si différente, si dangereuse ? C'est son deuxième point. Et c'est ça qui est crucial, c'est lié au premier : l'énorme dette extérieure des États-Unis. On parle de près de 90% de leur PIB.

Animatrice : OK.

Animateur : Pendant des décennies, tout le monde achetait cette dette. Surtout les pays asiatiques, la Chine, le Japon. Ça maintenait les taux d'intérêt bas, ça finançait le déficit américain.

Animatrice : Et là ça change.

Animateur : Là, ça change. Deblock observe que ces grands acheteurs commencent à se retirer. Discrètement. C'est comme si votre voisin avait toujours payé vos cartes de crédit et que là, soudainement, il arrêtait.

Animatrice : Le réveil serait brutal.

Animateur : Très. Fait que le risque, ce n'est pas juste un ralentissement. Deblock utilise le mot "crash financier". Un crash. On ne parle plus d'une voiture qui manque d'essence là. On parle d'une voiture qui perd ses quatre roues d'un coup sur l'autoroute.

Animatrice : C'est exactement ça la différence. Il lance un avertissement très grave. Il dit, et je cite : "On n'est pas loin d'un crash financier". Et il rappelle que les grands crashs, historiquement, c'est souvent le prélude à des configurations mondiales majeures.

Animateur : Bon. Si les États-Unis marchent sur une corde raide, où est-ce que ça laisse leur plus vieil allié, l'Europe ?

Animatrice : L'article la décrit en fâcheuse posture. C'est juste.

Animateur : C'est peut-être même un euphémisme. Christian Deblock, encore lui, dit que l'Europe est encore plus mal prise que les États-Unis.

Animatrice : Encore plus ?

Animateur : Oui. Et pour lui, le problème n'est pas juste financier, c'est plus profond, presque existentiel. Il dit que l'Europe n'arrive pas à trouver sa place dans ce nouveau monde.

Animatrice : Prise en étau, en quelque sorte.

Animateur : C'est exactement le terme qu'utilise Yann Simon. Il parle d'une Europe qui est fragilisée sur deux fronts. D'abord il y a le choc externe : de voir son partenaire historique, les États-Unis, l'avoir soudainement comme une rivale.

Animatrice : Ça doit être un choc psychologique, en plus d'être stratégique.

Animateur : Absolument. Et puis il y a le choc interne : la montée des partis de droite dans plusieurs pays clés qui remet en question l'Union européenne de l'intérieur.

Animatrice : Mais l'Europe a toujours surpris par sa capacité à rebondir, non ? Est-ce qu'on voit des signes de ça ?

Animateur : Oui, et Simon apporte cette nuance, qui est cruciale. Il souligne que face à ces menaces, l'Europe est aussi capable de se resserrer les coudes. Il donne l'exemple de l'initiative "Re-arm Europe".

Animatrice : C'est-à-dire ?

Animateur : Un projet de défense et de souveraineté industrielle commune. C'est la preuve qu'elle peut encore agir de façon unie. Pour lui, elle reste une interlocutrice fiable. Elle est secouée, c'est sûr, mais elle n'est pas encore chaos [K.O.]. D'accord. Fait que le portrait se dessine : un monde fragmenté, une Chine qui avance ses pions, des États-Unis sur une poudrière financière, une Europe qui cherche un second souffle. Ce qui nous amène, inévitablement, à la question : et nous là ? Le Canada dans tout ça ?

Animatrice : C'est la question.

Animateur : Et là encore, on a deux scénarios assez différents qui nous sont présentés. Patrick Leblond, lui, propose une vision de, disons, de relative stabilité.

Animatrice : Ah oui ?

Animateur : Il pense que le Canada va continuer sur sa lancée. C'est-à-dire une croissance faible, mais sans tomber en récession. Une sorte de surplace là.

Animatrice : Et notre stratégie face aux Américains, ce serait quoi ?

Animateur : Sa lecture, c'est qu'on essaie de négocier pour ne rien négocier. En gros, on joue la montre, on évite les conflits en attendant que leur attention se tourne vers leurs propres élections de mi-mandat.

Animatrice : On essaie de passer sous le radar en espérant que l'orage passe.

Animateur : C'est un peu ça. Et pendant ce temps, on continue d'investir dans nos infrastructures, la diversification, et de plus en plus dans la défense.

Animatrice : OK. Mais cette vision d'un Canada qui peut juste attendre, elle n'est pas partagée par tout le monde j'imagine.

Animateur : Non, et c'est là que l'analyse de Yann Simon est plus... pointue. Pour lui, la question centrale pour nous en 2026, ça va être les tarifs. Et il insiste sur un vrai changement de mentalité à Washington.

Animatrice : Hmm hmm.

Animateur : Le Canada n'est plus vu comme un allié naturel. Le terme qu'il utilise, c'est "rival stratégique".

Animatrice : Rival stratégique. Ça change tout.

Animateur : Ça change toute la dynamique. Il rappelle même que le Premier ministre canadien a dit que la relation ne serait plus jamais la même. Les discussions sur l'ACEUM, l'accord commercial, deviennent donc un test majeur. Ce n'est plus juste une renégociation technique.

Animatrice : C'est le test décisif. Ces discussions, prévues en début d'année, vont nous dire si notre accès au marché américain est encore solide. Simon décrit le Canada comme un équilibriste. On avance sur un fil.

Animateur : Et l'article soulève un autre point, une tension qui n'est pas juste externe, mais aussi interne au Canada.

Animatrice : Oui, et c'est peut-être le point le plus complexe. C'est le dilemme de nos ressources naturelles. Comment on utilise cet avantage dans le nouveau contexte mondial.

Animateur : Y a une tension là.

Animatrice : Une tension croissante, oui, entre nos intérêts nationaux – genre exploiter nos ressources pour la croissance – et nos valeurs, notamment environnementales. L'exemple cité, la démission du ministre de l'Environnement Steven Guilbeault...

Animateur : Présenté comme le symbole de ce conflit ?

Animatrice : Exactement. Le symbole de ce conflit entre le pragmatisme économique et les principes.

Animateur : Donc si on résume le portrait de 2026, c'est un monde en pleine reconfiguration. Les alliances d'hier sont fragilisées, la Chine est en position de force, les États-Unis sur un fil, l'Europe cherche sa voie. Et nous, le Canada, pris au milieu de tout ça, on joue un numéro d'équilibriste. C'est une excellente synthèse. Et ça nous laisse avec une dernière pensée, une question qui découle de tout ça. Les experts décrivent le Canada comme cet équilibriste forcé de naviguer dans ce monde incertain. La question qu'on peut se poser, c'est : est-ce que cet exercice d'équilibre peut durer indéfiniment ? Surtout quand les tensions, comme on vient de le voir, sont pas juste à l'extérieur de nos frontières, mais aussi à l'intérieur, entre nos propres intérêts et nos valeurs. C'est peut-être ça le vrai défi canadien pour 2026.

Le Bye Bye 2025 vous a-t-il fait rire?



Beaucoup de Québécois aimeraient finir l’année en riant pour vrai.

Nous pensons avoir trouvé la solution.
Chaque 31 décembre, le Québec répète le même rituel.
On se rassemble, on débouche une bouteille, on s’installe devant la télé… et on espère rire.
Pas sourire.
Rire pour vrai.
Alors posons la question sans détour :
👉
Le Bye Bye 2025 vous a-t-il fait rire?
Ou avez-vous surtout souri poliment, par habitude, par bienveillance?
Cette question, toute simple, en entraîne plusieurs autres.
Est-ce nous qui avons changé… ou le Bye Bye?
C’est souvent la première réponse qu’on se donne :
« C’est peut-être moi. Je ris moins qu’avant. »
Pourtant, dans la vraie vie :
on rit encore dans les salles de spectacle
on rit encore devant certains humoristes
on rit encore devant des absurdités bien écrites
👉
Le rire n’a pas disparu. Il est devenu plus exigeant.
Et c’est là que le décalage commence à se faire sentir.
Le Bye Bye a changé de gang
Le Bye Bye a changé de gang, de codes, de posture.
Aujourd’hui, il est porté par une équipe brillante et compétente — la gang d’Anne Dorval, d’Arnaud Soly et consorts. Une gang très consciente de son époque, très méta, très ironique, parfois moqueuse, parfois ado dans l’attitude.
Pour certains, ça fonctionne très bien.
Pour d’autres… beaucoup moins.
Parce que cet humour :
observe plus qu’il ne se mouille
ironise plus qu’il ne dérange
touche la tête plus que le ventre
👉
On comprend la blague. On sourit. Mais on rit moins.
Sourire n’est pas rire
Soyons clairs :
le Bye Bye 2025 n’était pas mauvais.
Il était :
bien rythmé
bien joué
bien produit
bien intentionné
Mais il était aussi :
prudent
prévisible
rarement risqué
Résultat?
🙂
des sourires
😐
quelques rires gênés
😂
très peu d’éclats incontrôlables
Et un constat qui revient souvent :
« C’était correct… mais ça ne me fait plus rire comme avant. »
Radio-Canada : refuge ou arène?
Avec les années, le Bye Bye est devenu un exercice d’équilibriste.
Il doit rassembler.
Il doit éviter de choquer.
Il doit rassurer.
Dans un monde polarisé, Radio-Canada a choisi d’être un refuge plutôt qu’une arène.
C’est compréhensible.
Mais le rire, le vrai, a besoin de risque.
Et si le problème était plus simple qu’on le pense?
À force de tourner autour du pot, une évidence s’impose :
👉
On a confié le rire à des gens qui n’ont pas l’obligation vitale de faire rire.
Sur scène, un humoriste n’a pas de filet :
s’il ne fait pas rire, la salle ne revient pas
s’il ne fait pas rire, les billets ne se vendent pas
C’est une école brutale.
Mais c’est la meilleure.
Or, l’humour du Bye Bye vient surtout :
de l’écriture télé
du sketch scénarisé
du web
👉
Pas du rodage en salle.
👉
Pas du test devant un vrai public, soir après soir.
Et ça change tout.
Beaucoup de Québécois aimeraient finir l’année en riant pour vrai
Pas en souriant poliment.
Pas en se disant « c’était correct ».
Mais en riant sans filtre, sans précaution excessive.
Et c’est là qu’une idée s’est imposée.
💡
La solution : le BBHQ
Le Bye Bye des Humoristes Québécois
Imaginons un deuxième grand rendez-vous, le 31 décembre.
Un événement qui s’appellerait :
Le Bye Bye des Humoristes Québécois (BBHQ)
Mais attention, pas un collage de vieux numéros.
Pas un "best of" recyclé.
Pas du matériel déjà vu en tournée.
Voici la règle centrale du BBHQ :
👉
Tout le matériel est inédit.
👉
Présenté pour la toute première fois le 31 décembre au soir.
🔥
Comment ça fonctionnerait concrètement?
On confie à plusieurs grands humoristes de scène
chacun un mandat de création sur un mois précis de l’année
ils écrivent, testent, affinent…
sans jamais présenter ce matériel au public à la télé avant le 31 décembre.
Résultat :
des sketchs totalement inconnus du public
joués par des humoristes reconnus et drôles
avec une pression saine : faire rire pour vrai
👉
Le public découvre tout en direct.
👉
L’effet de surprise est total.
👉
Le rire redevient un événement.
Deux shows. Deux missions.
Le Bye Bye traditionnel
rassembleur
institutionnel
sécuritaire
Le BBHQ
libre
mordant
risqué
vivant
Pas un remplacement.
👉
Un complément.
Parce qu’en 2026, il faut accepter une réalité simple :
On ne rit plus tous de la même façon.
En conclusion
La question de départ demeure :
Le Bye Bye 2025 vous a-t-il fait rire?
Si oui, tant mieux.
Si la réponse est « pas tant que ça », vous n’êtes pas seuls.
Et peut-être que la solution n’est pas de corriger encore le Bye Bye…
Mais d’oser autre chose.
Parce que beaucoup de Québécois aimeraient finir l’année
en riant pour vrai.
Pas seulement en souriant poliment.