DANS QUEL PUTAIN DE CIRQUE MÉDIATIQUE TRUMP VA-T-IL ENTRAÎNER LE CANADA?

Disons-le franchement : Donald Trump a transformé le commerce international en téléréalité politique.

Chaque épisode possède sa menace, son ultimatum, son prétendu accord historique, son revirement de dernière minute et son nouvel ennemi. Le problème, c’est que derrière les caméras, les déclarations et les publications rageuses, les factures sont bien réelles.

Les États-Unis ont imposé des droits de 50 % sur près de 28 milliards de dollars canadiens de marchandises. Mark Carney, jugeant les nouvelles conditions américaines inacceptables, a quitté la table et annoncé une riposte « dollar pour dollar » à compter du 8 septembre.

Ottawa et Washington s’accusent mutuellement d’avoir modifié les conditions. Les documents complets n’étant pas publics, il est impossible de trancher définitivement cette partie du récit.

Mais le calendrier, lui, ne ment pas.

La riposte canadienne commencera 56 jours avant les élections américaines de mi-mandat. Les produits visés pourraient atteindre des entreprises, des agriculteurs et des consommateurs dans des États où quelques milliers de votes détermineront le contrôle du Congrès.

Trump n’apparaîtra pas sur les bulletins. Son économie, oui.

Seulement 30 % des Américains approuvent sa politique commerciale. Son taux d’approbation général est tombé à 33 %. L’inflation demeure élevée et les tarifs commencent à toucher des produits de consommation courante. Même le comité éditorial conservateur du Wall Street Journal et certains élus républicains d’États frontaliers préviennent que les familles américaines paieront une partie de la facture.

Les démocrates possèdent donc un message redoutablement simple :

« Trump a déclenché une guerre commerciale et vous en payez le prix. »

Mais voici le nouveau numéro du cirque : Trump pourrait retourner cette réalité à son avantage.

Si le Canada et d’autres partenaires semblent attendre les élections pour le faire plier, Trump pourra les accuser de vouloir influencer le vote américain. Il tentera alors de transformer les pertes économiques en sacrifice patriotique, d’indemniser certains agriculteurs, d’accorder des exemptions ciblées et peut-être même d’annoncer une trêve spectaculaire quelques semaines avant le scrutin.

Il n’aurait pas besoin d’avoir véritablement gagné. Il lui suffirait de contrôler l’image de la victoire.

Voilà pourquoi le Canada doit éviter de présenter sa résistance comme une opération visant à faire perdre Trump. Rien ne prouve d’ailleurs l’existence d’une coalition électorale secrète. La position la plus défendable demeure beaucoup plus simple : refuser une mauvaise entente, défendre notre souveraineté et laisser les conséquences politiques américaines suivre leur cours.

Le véritable affrontement ne porte donc plus seulement sur les tarifs. Il porte sur la responsabilité.

Qui les électeurs américains blâmeront-ils : Trump, qui a lancé l’escalade, ou le Canada, qui a riposté?

Trump tient le micro. Carney tient la porte.

Et le 3 novembre, les électeurs américains tiendront la facture.

ET SI CARNEY AVAIT DEUX COUPS D’AVANCE SUR TRUMP?


 ET SI CARNEY AVAIT DEUX COUPS D’AVANCE SUR TRUMP?

Au départ, ça ressemble à une simple guerre de tarifs. Mais en enlevant les pelures de l’oignon, l’enjeu devient beaucoup plus gros.

Les États-Unis auraient voulu obtenir davantage qu’un accord commercial : un droit de regard sur certaines ententes du Canada avec d’autres pays, un accès privilégié à des ressources stratégiques et des concessions touchant notamment la langue et la culture.

Carney a dit NON.

Pourquoi accepter les risques économiques d’une rupture?

Parce que sa stratégie semble être préparée depuis longtemps : réduire notre dépendance envers les États-Unis en multipliant nos partenaires. Europe, Asie, Inde, Australie… et surtout nos ressources stratégiques : énergie, uranium, nickel, lithium, cuivre et minéraux critiques.

Voilà le paradoxe.

Plus Trump utilise la dépendance canadienne comme levier, plus il donne au Canada une raison de devenir moins dépendant.

Trump joue peut-être pour gagner aujourd’hui.

Carney semble jouer pour que le Canada puisse davantage décider demain.

Attention : rien n’est gagné. Les tarifs feront mal, des emplois sont menacés et remplacer des décennies d’intégration économique prendra du temps.

Mais la vraie question n’est peut-être plus :

« Qui gagnera la guerre des tarifs? »

Elle devient :

🇨🇦 Combien sommes-nous prêts à payer aujourd’hui pour demeurer maîtres de nos décisions demain?

La partie ne fait que commencer.