Soyons plus précis.
Les États-Unis n’ont pas attendu Donald Trump pour voir des personnes immensément riches graviter autour de la Maison-Blanche. La richesse, à elle seule, n’est ni une faute, ni une preuve de corruption, ni une preuve d’oligarchie.
Alors peut-être posions-nous la mauvaise question.
Le véritable enjeu n’est pas :
« Combien de milliardaires entourent Trump? »
Mais plutôt :
« Comment Trump et les personnes fortunées qui l’entourent utilisent-ils le pouvoir qu’ils détiennent? »
Le pouvoir public sert-il l’intérêt général ou contribue-t-il également à accroître leur propre richesse et leur influence?
Des décisions gouvernementales favorisent-elles leurs entreprises, leurs familles, leurs partenaires ou leurs grands donateurs?
Les organismes chargés de surveiller les marchés, les entreprises et le pouvoir politique conservent-ils leur indépendance lorsqu’ils deviennent gênants?
L’appareil gouvernemental est-il utilisé pour faire pression sur des entreprises, des universités, des médias, des cabinets d’avocats ou d’autres institutions qui résistent au président?
Les adversaires sont-ils simplement combattus politiquement,ce qui est normal en démocratie, ou certains subissent-ils les moyens coercitifs de l’État?
Et lorsqu’un grand donateur obtient ensuite une fonction prestigieuse ou un accès privilégié au pouvoir, sommes-nous devant une simple proximité politique ou devant quelque chose de plus préoccupant?
Voilà les questions importantes.
Car 57 personnes extrêmement fortunées dans une administration ne prouvent pas 57 cas de corruption.
Même 65 millions de dollars de contributions politiques suivies de nominations ne démontrent pas automatiquement que des fonctions gouvernementales ont été achetées.
Mais lorsque richesse, financement politique, décisions gouvernementales, intérêts privés et pouvoir coercitif commencent à se croiser, notre devoir n’est ni de crier immédiatement à l’oligarchie ni de regarder ailleurs.
Notre devoir est de suivre l’argent et les décisions.
Dossier par dossier.
Qui décide?
Au bénéfice de qui?
Qui s’enrichit?
Qui obtient un avantage?
Qui subit les conséquences?
Quels contre-pouvoirs peuvent encore intervenir?
Et surtout : quelles preuves permettent de relier les différents éléments?
C’est seulement après cet examen que nous pourrons répondre sérieusement à la grande question :
Les États-Unis connaissent-ils simplement une administration exceptionnellement riche… ou assistons-nous à une transformation du pouvoir public en instrument de puissance privée?
La différence est immense.
Parce qu’une démocratie peut parfaitement être gouvernée par des gens riches.
Elle commence à changer de nature lorsque ceux qui possèdent la richesse peuvent utiliser le pouvoir de l’État pour protéger leur richesse, accroître leur influence, favoriser leurs intérêts ou affaiblir ceux qui leur résistent.
Voilà maintenant la question que nous voulons documenter.
Pas pour condamner avant d’avoir vérifié.
Pas davantage pour fermer les yeux lorsque les preuves deviennent suffisamment fortes.
Suivons l’argent. Suivons le pouvoir. Suivons les actes.
Et laissons ensuite les faits nous dire jusqu’où ils nous conduisent.
Les faits d’abord. Votre opinion ensuite

Aucun commentaire:
Publier un commentaire